Marie-Hélène et Rodolphe ne connaissaient rien à l’élevage, mais après quelques lectures et 15 jours de formation, ils se lancent avec leurs 8 premières chèvres. Leur idéalisme leur donne un œil neuf plein d’un respect et d’un amour qui ne cesseront jamais d’inspirer leur pratique.

La traite se fait à la main. Les petits (« les kids » comme les appelle Marie-Hélène) n’en font qu’à leur tête mais ont le doit de rester avec leur mère en toute liberté. Ils ne savent pas qu’ils ont un sort exceptionnel. Peu de gens savent qu’actuellement, la quasi-totalité des chevreaux sont séparés de leur mère dès la naissance, et parqués avec une « nourrice », c’est-à-dire un bidon de mélange de lait en attendant le passage de l’engraisseur qui les aura achetés pour leur viande. Le lait de la mère est réservé aux fromages.
A l’époque où ils ont commencé, les bergers traditionnels étaient choqués : les chevreaux étaient traditionnellement immobilisés dans des cages en bois. On était plus tranquille et ils engraissent plus vite. Il faut dire qu’à cette époque on n’envisageait pas de nourrir les bébés à la demande non plus !

Beaucoup de choses les ont choqués : les méthodes d’abattage (on a le droit de tuer soi-même uniquement les bêtes que l’on consommera soi-même), l’écornage, une pratique atroce quand on sait que les cornes sont en grande partie irriguées et sensibles.
Bref, ici est fait tout ce qu’il est possible de faire pour que les animaux qui nous nourrissent aient une vie digne et agréable. Des pratiques que l’on aimerait voir se généraliser. Faut-il le préciser, les fromages ont un goût inimitable !