Rencontre avec Julie RAMBAUD, ostéopathe animalier

J’ai rencontré Julie Rambaud au cours d’une formation sur l’utilisation des huiles essentielles pour les animaux. J’ai alors fait appel à elle pour ma chatte qui avait un problème de peau et perdait ses poils sur une partie du dos. C’était une période difficile pour moi, et je pense, à tort ou à raison qu’elle exprimait ma souffrance. Aujourd’hui, j’ai demandé à Julie de nous parler de son parcours.
Sophie Pinel

Julie Rambaud
A l’origine, je voulais être vétérinaire. Mais les études me semblaient très compliquées. A cette époque, on m’a donné un cheval qui était très maigre et en très mauvais état. On n’arrivait pas à le faire grossir. L’ostéopathie était peu connue alors, et j’avoue avoir essayé, par dépit pour sauver ce cheval. Après plusieurs manipulations, l’animal s’est détendu et après une semaine, celui-ci s’est mis à reprendre du poids. Je l’ai toujours, il a maintenant 24 ans et se porte bien.

J’ai fait cinq années d’études.
J’exerce comme enseignante au Lycée Drôme Provençale à Saint Paul Trois Chateaux pour des secondes, des premières et des  terminales où j’anime un cours sur le bien-être animal pour des élèves préparant un diplôme de sciences et technologie de l’agronomie et du vivant.
J’apprécie de faire venir des spécialistes animaliers qui nous rendent visite avec des chats, des chiens et un cheval. Les élèves sont parfois étonnés que comme nous, les animaux fonctionnent avec 5 sens, soient sensibles, même si leurs perceptions sont différentes en fonction de leurs espèces. Ils ne voient pas tous les mêmes couleurs que nous, ou n’ont pas la même perception de la profondeur de champ.

Il est important de faire comprendre que les animaux ont leur intelligence et leur sensibilité mais qu’ils sont différents des êtres humains. Il ne faut pas faire d’anthropomorphisme, ni les traiter comme s’ils étaient nos enfants, et ne pas en faire des animaux rois.
Je savais que des résultats intéressants pouvaient être obtenus par l’ostéopathie mais ce sont mes premiers succès qui m’ont vraiment convaincue. Je me rappelle d’un petit poney de club, pas le genre de poney pour lequel on envisage de faire des frais importants. Il boitait. En fait, il avait juste une vertèbre cervicale déplacée. Après l’avoir soigné, je l’ai vu repartir tranquillement au trot ; il ne boitait plus.

Je me souviens aussi de résultats impressionnants avec des animaux en souffrance. Il y a eu cette jument qui avait de très fortes douleurs aux ovaires. Elle souffrait tant qu’elle ne voulait pas me laisser approcher et tentait de me mordre. Il a fallu la contenir pour que je puisse la traiter. J’ai pu la soulager et elle est devenue toute douce avec moi. Je me souviens aussi de ce chien qui avait le sacrum de déplacer. La douleur le rendait incontrôlable. Il a fallu lui mettre une muselière et j’ai dû m’asseoir sur lui pour l’immobiliser. Quand sa douleur est partie, il est venu vers moi pour me lécher la main.
Je traite principalement des chats, des chiens et des chevaux. Il arrive aussi occasionnellement qu’on m’appelle pour des chèvres, des vaches, des moutons voir même des volatiles. Parfois, il est possible d’éviter une opération, sur certains membres par exemple. L’ostéopathie agit à plusieurs niveaux, structurel, viscéral, crânien …L’idéal serait de pouvoir traiter préventivement par exemple une fois par an, comme pour les humains.

Les animaux domestiques sont très proches de nous. Ils peuvent nous soigner. Ils nous font du bien, savent quand nous avons besoin d’être consolés. Ils sont dépendants de nous, et leurs symptômes expriment quelquefois nos malaises. Ils sont aussi très perméables à nos dysfonctionnements physiques. Par exemple si un cavalier a un déséquilibre, son cheval va devoir compenser et risque de modifier sa structure. Je pense à une cavalière qui a perdu une partie de la mobilité de son genou droit. Son cheval doit sans cesse en tenir compte et il finit par être lui-même déséquilibré. L’idéal est que l’humain et l’animal soient soignés en même temps.
Les animaux sont souvent de très bons thérapeutes. Ils font un travail remarquable dans des maisons de retraite, des hôpitaux et même des prisons. Une connaissance visite régulièrement une prison avec ses trois chevaux. Ils sont d’une aide précieuse pour certains détenus qui comprennent très vite qu’avec un animal de ce poids et de cette puissance, il y a des règles à respecter.

Si je devais donner des conseils, je dirais qu’il faut bien réfléchir avant de prendre en charge un animal. Certains animaux sont adoptés pour le caprice d’un enfant. D’autres sont abandonnés parce que leur maître ou leur maîtresse rencontre une personne qui est allergique, alors qu’il existe de bonnes techniques de désensibilisation.
Il faut aussi être conscient du fait qu’un animal nécessite un budget qui ne comprend pas seulement la nourriture. Il faut prévoir les soins vétérinaires, les stérilisations, l’identification électronique. Il faut aussi avoir une disponibilité suffisante et régulière.